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06/03/2014

Canal du Midi, Pompéi : mêmes problèmes, mêmes causes, même combat!

 

 

Canal du Midi, Pompei : mêmes problèmes, mêmes causes, même combat !

 

Saint du jour :          Sainte Olive et Saint Virgile

Contrepèteries :      Essayez donc ces bottes en plastique

                                   Le chef de l’ENA aime son petit porto du Dimanche

                                   Marine Le Pen

                                   Le charpentier réalisait un faîtage de pente            

Proverbe Français:Il faut garder une oreille pour l’accusé

Proverbe Juif:         Savoir bien se taire est plus malaisé que bien parler        

Proverbe Africain:     Quand un arbre tombe on l’entend, quand la forêt pousse pas un bruit

Proverbe Chinois :      L’échec est le fondement de la réussite        

Pensée du jour :

 

Je ne peux pas avoir d’espoir pour un monde trop plein.

Claude Lévi Strauss

 Pompei01.gif

Le Canal du Midi est un sujet qui m’intéresse, il est vrai. Mais je m’intéresse au patrimoine en général, qu’il soit Français ou autre. Et le patrimoine est en danger sur toute la planète car il semble n’intéresser personne. On vous parle de tout et en particulier de développement durable, expression totalement fausse et déplacée, le développement étant autant durable que le mouvement peut être perpétuel, surtout avec les politiques que nous avons.

Pour garantir le respect, la paix et la sécurité des patrimoines du monde il existe une institution créée en 1945 : l’Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture, l’UNESCO. Mais il semblerait que tout comme l’ONU soit totalement incapable de maintenir la paix (voyez ce qu’il se passe en Syrie, en Ukraine et dans bien d’autres pays), l’UNESCO est incapable de s’imposer auprès des gouvernements pour que nos patrimoines soient protégés.

On pourrait croire qu’être inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO peut être une garantie pour les monuments qui y figurent, c’est une grossière erreur et il y a belle lurette que les politiques ont compris que figurer sur la liste a des retombées financières immédiates mais n’impose rien du tout en matière de dépenses et d’entretien, preuve en est la demande d’inscription des Châteaux Cathares alors que le département de l’Aude est incapable d’entretenir 2 autres monuments classés que sont le Canal du Midi et la Cité de Carcassonne.

Ce matin, dans l’émission de France 2 vers 07.10 heures, il était question d’un des monuments majeurs figurant sur la liste du Patrimoine de l’UNESCO : la ville de Pompéi qu’on ne présente plus. Pompéi est en danger tout comme le Canal du Midi et il est curieux de faire un parallèle entre ces deux monuments :

Leur taille, 240 kilomètres linéaires pour l’un et 66 hectares, 515 maisons et 1435 édifices pour l’autre.

Leur importance culturelle, génie humain d’un côté et connaissance artistique, urbaine et sociale de l’autre.

Leur état déplorable actuel dont l’homme est en partie responsable.

Le tourisme intensif des deux sites suite à leur classement au patrimoine de l’UNESCO. Tourisme très peu contrôlé.

Même date d’inscription pour les deux sites : 1997

Mais il est un critère de rapprochement qui s’appelle entretien et financement, et là encore on ne peut s’empêcher de remarquer la similitude. D’un côté un chiffrage (totalement bidon) de 220 millions d’euros simplement pour refaire les alignements et paraît-il les berges, de l’autre un chiffrage de 105 millions d’euros pour un premier entretien de l’ensemble du site. Mais là où le rapprochement se fait encore plus singulier, c’est dans la gestion des sites, les deux étant gérés par des établissements publics. Le Canal du Midi paraît-il géré par les Voies Navigables de France (VNF) pour le compte de l’État et dont il est impossible de savoir comment sont utilisés les fonds, Pompéi géré par la Surintendance archéologique de Pompéi dépendant du Ministère des biens et activités culturels.

Pompéi a reçu une subvention Européenne de 105 millions d’euros pour subvenir à l’entretien de ce site exceptionnel, mais à ce jour, seuls 500 millions ont été utilisés, quant aux 104,5 millions restant, il s’est perdu dans les poches de multiples politiques et intermédiaires. Le Canal du Midi cherche par tous les moyens à trouver de l’argent par le mécénat (Arlésienne bien entretenue par VNF et les politiques) mais qu’en sera-t-il de cet argent si toutefois il est trouvé ? Ne nous retrouverons-nous pas dans le même cas de figure que pour Pompéi ? Une autre question se pose, pourquoi l’Europe a débloqué 105 millions pour Pompéi et rien pour le Canal du Midi ? Peut-être est-ce simplement que VNF n’en a jamais fait la demande car n’étant pas capable de gérer le monument ?!

Alors, que faut-il tirer comme leçon de tout cela ? Tout d’abord qu’il ne faut pas prendre l’UNESCO pour un centre de propagande commerciale et que le classement au patrimoine mondial devrait avoir comme premier objet, l’entretien et la restauration du site et non pas le tourisme à outrance. Dans les deux cas, on peut constater que la gestion d’établissements publics est totalement improductive et même,  dans le cas de Pompéi, source de dérapages habituels liés aux politiques avec disparition de subventions.

Alors est-ce un Club de Mécènes dont ont besoin les monuments en péril ou est-ce d’un club de gestionnaires pour pallier l’inefficacité chronique d’Établissements Publics qui n’ont aucune notion de rentabilité ?

19/11/2013

CANAL DU MIDI : 8 questions pour comprendre.

 

CANAL DU MIDI

 

8 questions pour comprendre

 

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 Saint du jour :                   

 Contrepèteries :      Pilules qui soulagent la gène

                                    C'est une limite, cette grosse basse

                                    Faites attention aux pannes de micro

                                    Il y a plein de sites de Bach sur internet                    

 Dicton Français :   L'ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses

 Dicton Juif :            La vie n'est qu'un songe

 Dicton Africain :    Le vent aide les gens sans hache à chercher du bois

 Dicton Chinois:      Il est plus facile de déplacer un fleuve que de changer son caractère 

 Dicton du jour :

  

Parler de l’homme dans la nature, revient aujourd’hui à parler de l’homme contre la nature.

 

Théodore Monod

  

1 – Entretien et restauration :

 Dans le dossier de demande de classifications remis à l’UNESCO en 1996, il était prévu d’entretenir et de restaurer la Canal. Il figure même les devis nécessaires à la restauration qui devait être réalisée dans les 10 ans soit jusqu’en 2006 ; Montant estimé 145 millions de francs , environ 22 millions d’euros.

Pourquoi ces travaux n’ont pas été réalisés et pourquoi l’entretien est abandonné, les rares travaux d’entretien étant payés par des collectivités locales ?

  

2 – Zone Tampon :

 Dans la même proposition de classification rédigée par les Voies Navigables de France, figure la liste et la carte des communes composant la zone tampon. Cette zone est reprise par l’UNESCO avec la demande de détailler les zones sensibles (170.000 hectares de zone tampon).

 A ce jour qu’en est-il ? De nombreux plans, chartes, études, promesses mais la zone tampon n’est toujours pas définie et laissée à l’appréciation des élus locaux. 20 ans ont passé et rien n'a été fait.

 Quand le statut de la zone tampon va-t-elle être clairement définie ?

  

3 – L’envasement.

 Hormis les écluses, l’entretien n’est plus assuré et la boue s’amoncelle dans la totalité de la cuvette du Canal des Deux Mers dont le Canal du Midi fait partie intégrante. Des tronçons ferment et d’autres sont déconseillés aux bateaux à tirant d’eau supérieur à 1,20 mètre. Maintenant, retirer de la vase du Canal est comparé à des Grands Travaux comme on a pu le voir sur un journal. Retirer la vase maintenant reviendrait à traiter près de 4 millions de mètres-cube de boues.

Qu’est-il prévu pour désenvaser et pour traiter les limons ? A quelle date ?

 

4 – Les platanes.

 Depuis 3 ans, on ne parle plus que des platanes sans regarder le reste du Canal du Midi laissé à l’abandon. Il est prouvé que la maladie était déjà présente (depuis 1986) alors que les VNF faisaient la demande de classement à l’UNESCO. Maintenant et malgré l’annonce d’un vaccin hypothétique, l’abattage est commencé et va continuer. On a pu voir que les premiers platanes miracles plantés à Trèbes ont déjà été remplacés parce que n’étant pas aussi miraculeux que ce que disent les VNF. On a pu voir la Société chargée de la vente exclusive mise en dépôt de bilan. On a pu voir le Conseil Général de l’Aude se substituer aux VNF pour livrer la moitié des plans nécessaires sans contreparties des VNF.

 Mais qu’en est-il des Voies Navigables de France ? Ils parlent, font annonces sur annonces mais à part l’abattage, rien de concret n’a été prévu contrairement aux engagements pris en 2011.

 Quand un prévisionnel précis sera-t-il établi et reprenant : abattage, replantation, berges ?

 

5 – Les berges :

 Elles sont dans un état pitoyable et même l’entretien minimum n’est plus assuré. Des essais de tunage ont été faits à Capestang et à Carcassonne, sans succès. Même le rapport Chatillon page 82 note l’absence de solutions pour les berges, lesquelles ont pourtant été incluses aux 200 millions prévisionnels. En va-t-il être des berges comme des platanes ? Dans 5 ans les berges s’écrouleront et VNF demandera un budget supplémentaire.

 Quand va-t-on entretenir et restaurer les berges ?

  

6 – Les problèmes de l’eau.

C’est un problème qui ne se pose pas encore, alors on en parlera seulement lorsque ce problème deviendra crucial, comme d’habitude.

 Pour l’eau, le problème est double : quantité et qualité.

 Quantité : Ni le rapport Chatillon, ni les VNF, ni aucune collectivité ne semble se soucier du manque d’eau qui sera occasionné par l’absence des platanes. Sans les platanes, ce sont 4,5 millions de mètres-cube d’eau qui s’évaporeront chaque année. A une époque ou l’eau devient plus rare et plus chère, personne ne se soucie de ce problème.

 Quand va-t-on chercher ces 4,5 millions de mètres-cube d’eau ?

C’est Veolia qui se frottera les mains.

 Qualité : C’est encore un problème perpétuellement masqué depuis de très nombreuses années. L’eau des canaux est polluée et en particulier celle du Canal du Midi. Ce n’est pas pour rien qu’il est interdit de s’y baigner.

Quand va-t-on prendre des mesures pour améliorer la qaulité de l’eau en obligeant par exemple les bateaux de plaisance d’avoir des systèmes pour les eaux usées ?

  

7 – La rentabilisation, l’utilisation et le retour au fret :

 Abandon du fret et utilisation unique de la plaisance, ce sont là les seules décisions prises par les VNF. L’abandon du fret, c’est l’arrêt de mort d’une voie d’eau car le fret régulier participe naturellement à l’écoulement des vases. La plaisance, ce sont d’importants dégâts déjà constatés, le canal et les berges prises comme dépotoir, des modifications apportées aux écluses uniquement dans ce but.

Aucun projet réel n’a été proposé pour continuer à utiliser les canaux toute l’année mais aussi pour lier le tourisme régional à ce cours d’eau.

La gestion du Canal des Deux Mers étant entre les mains d’une Entreprise Publique, aucune recherche de rentabilité n’a été entreprise car Entreprise Publique et Rentabilité ne font pas bon ménage.

 Y aura-t-il un projet global afin d’utiliser et rentabiliser les voies fluviales et canaux du Sud de la France ?

  

8 – Le budget de 200 millions et les mécènes :

Le budget de 200 millions est une escroquerie des VNF quant aux mécènes, il s’agit là de l’Arlésienne du Canal du Midi. Le budget de 200 millions est complètement bidonné et reposent sur des chiffres complètement fantaisistes. Les preuves en ont été données mais tout le monde continue à donner ce chiffre.

Les mécènes, des marchés publics ont déjà été passés depuis 2010 par les Voies Navigables de France, sans aucun succès. Les dates sont sans cesse repoussées, aucun résultat n’est donné, des annonces bidon sont faites par les VNF. Même le concours de logos lancé en Novembre 2011 a été complètement détourné et étouffé par le gestionnaire du Canal.

 Quand pourra-t-on avoir communication des premiers résultats, des premiers noms de mécènes ?

 

 

 Lors de toutes les réunions organisées et où se trouvent présentes les VNF, il est impossible d’obtenir des réponses aux questions posées, même dernièrement devant les Maires de l’Aude. Alors que faire devant cet immobilisme et cette mauvaise foi ??

  

Vraiment, il faut se faire beaucoup de soucis pour notre Canal du Midi car il est entre de très mauvaises mains !!